La cuite.

Putain de bordel de merde. Parce que ça doit commencer comme ça, par de la vulgarité gratuite et sans trop de sens. Vider les mots de leur substance, les laisser exsangue pour mieux les remodeler.
Je suis un mot. Je me vide petit à petit de mon fluide, de mes rêves, de mes ambitions jusqu'à ne plus en avoir. Je déverse jour après jour pour enfin ne plus rien espérer d'autre que vivre. Simplement vivre.
L'ironie des choses voudrait que ce soit à cet instant, à ce moment précis, l'ironie voudrait que ce soit à la seconde où j'atteindrais mon abimistique sommet que ma vie, alors, s'éteigne.
Un bonze qui, tout en s'embrasant, tout en refusant la douleur du feu mais en acceptant sa puissance, quitterait le monde qu'il aurait alors totalement décrypté. Totalement épousé. Totalement accepté.

Mais il y a trop d'égo, beaucoup trop d'égo et de peur. Je ne peux pas encore avoir peur de ce moment, j'en suis trop éloigné. Je ne suis encore qu'une autruche trop attirée par le sable. Une autruche qui croit pouvoir voler, alors qu'elle ne sait même plus courir.

Une autruche... cette impression de croire que chaque fulgurance confine à du génie me perdra.

La critique est facile. La critique est facile. La critique est facile. J'aurais jamais du ambitionner le second mouvement de la maxime.