Soif sans fin, et réciproquement.

Il y aura un jour où tout s'arrêtera. Les fleurs n'auront plus ni odeur, ni couleur. Les oiseaux ne voleront ni ne chanteront plus. Les bébés ne pleureront ni ne tèteront plus.
Il y aura un jour où l'amour et la haine n'auront plus de signification, où la richesse et la pauvreté se percuteront dans le néant.
Il y aura un jour où les éléments ne seront plus, où le feu ne sera plus à craindre, la noyade plus à redouter, la terre plus à creuser. Car la peur et la volonté ne seront plus.
Il y aura un jour où le pouvoir deviendra aussi inutile qu'il ne l'est déjà, où la rhétorique sera dépassée, où la dialectique sera achevée.
Il y aura un jour où l'amitié ne pourra plus être la seule richesse partageable par quiconque, où l'amour inconditionnel pourra être oublié, où la foi s'écroulera.
Il y aura un jour où les regrets resteront, vraiment, éternels, un éternel absolu et vide. Il y aura un jour où tous les mercis non prononcés, où toutes les caresses non effectuées, où tous les je-t'aime coincés dans la gorge seront définitivement perdus.
Il y aura un jour où les familles n'en seront plus, où les secrets perdront de leur sacralité, où le vent ne les balaiera plus.
Il y aura un jour où la musique ne portera plus ni nostalgie, ni joie, ni frénésie, ni transe. Plus de quarte, plus de quatre temps, plus de blanche. Pas même de silence.
Il y aura un jour où la technologie et la science ne pourront vraiment plus rien faire. Pour qui et pour quoi, d'ailleurs?
Il y aura un jour où les cellules n'auront plus à se développer, ni à dégénérer, ni à se phagocyter.
Il y aura un jour où ni la soif, ni la faim n'auront de sens.

D'ici-là respirons les fleurs. Écoutons les oiseaux. Nourrissons les nourrissons.
D'ici-là aimons, partageons.
D'ici-là nageons avec la confiance la plus farouche.
D'ici-là apprenons, comprenons.
D'ici-là ouvrons nos portes, toutes nos portes.
D'ici-là aimons de toutes nos forces, et montrons-le sans crainte aucune.
D'ici-là protégeons-nous, les uns les autres, dans une armure de tolérance impénétrable.
D'ici-là chantons, fort, et écoutons.
D'ici-là décryptons, pour mieux savoir que nous ne savons rien.
D'ici-là naissons, vivons, et mourrons.

D'ici-là ayons faim. D'ici-là ayons soif.

Juste après l'extremum.

Aujourd'hui est un jour important. Important, que dis-je, primordial. Il s'est passé un événement qui, sans doute, changera ma vie à tout jamais.
Si ce n'est ma vie, au moins mon année.
Si ce n'est mon année, au moins ce mois d'avril.
Si ce n'est ce mois d'avril, au moins cette seizième semaine de l'année.
Si ce n'est cette seizième semaine de l'année, au moins ce deuxième jour de la semaine.
Si ce n'est ce deuxième jour de la semaine, au moins cette dix-septième heure de la journée.
Si ce n'est cette dix-septième heure de la journée, au moins cette septième minute de l'heure.
Si ce n'est cette septième minute de l'heure, au moins cette quinz... seiz.. dix-s...Neuf...
Bon enfin ça a changé quelque chose, à un moment donné. Et c'est important.
C'est le genre de moment qui vous semble tout aussi éternel que soudain. Tout aussi insignifiant qu'essentiel. Tout aussi narrable qu'oubliable.

Je sortais de la voiture après cette journée de travail aussi morose qu'une journée de travail (qui plus est à la Roche-sur-Yon), quand le soleil resplendissant (au moins) me poussa à faire quelque pas de plus dans le jardin familial. Un bruit agaçemment mécanique sortait de cette touffeur printanière, bruit reconnaissable entre mille du tracteur tondeuse Husqvarna orange de mon paternel. Et dessus, courbé sur le volant, concentré sur la trajectoire, ledit paternel.
Et bien cet événement fondamental de la journée, c'est ça. Je n'ai pas fait signe à mon père, je ne me suis pas signalé, je l'ai regardé, quelques secondes. Une minute tout au plus.
Si vous n'avez jamais ressenti l'amour, si vous n'avez jamais eu la sensation que votre cœur s'emplissait d'un fluide délicat, subtil, irradiant jusqu'à vos membres les plus éloignés de la pompe, générant un bienfait tel que les baumes les plus sophistiqués de la plus très lointaine Asie ne sauraient prodiguer, détendant votre derme et épiderme de manière telle que l'endorphine ne ressemblerait plus qu'à une caféine de soda sucré, si donc vous n'avez jamais senti ce bien-être vous envahir, alors je possède sur vous une longueur d'avance.
Parce que j'ai aimé mon père comme rarement en le regardant comme ça. Il était beau. Puis il m'a vu. Il a arrêté le tracteur, sans stopper le moteur, m'a souri, m'a demandé si la journée a été bonne, je lui ai menti en lui disant que ça avait été, je lui ai demandé sans grande conviction s'il voulait que je finisse la besogne, il m'a dit non, que ça allait bientôt être terminé. Je me suis écarté, le moteur s'est emballé, il est reparti.
Moi j'ai 31 ans, mais mon père n'en a pas 73. Il n'en aura pas 74 comme il n'en a pas eu 60, ni 50, ni 40.
Moi j'ai 31 ans. Mais mon père n'a pas d'âge. Il n'en aura jamais.
Jamais.

Indigestion.

Un jour, peut-être, pour les plus endurants, fidèles et courageux d'entre vous, il faudra que j'explique des choses.
Alors, un jour, sans doute, si je m'en souviens, il faudra que je vous explique pourquoi, en une journée, on peut faire tenir anniversaire, dérivées, fonction affine, bébé, Vietnam, ambiguïté, bière, culpabilité, spiderman, record, Jimi Hendrix, Thon, bière, gratin de pâtes, vacuité en une journée. En une journée.
Et si ce n'est pas à vous que j'en parle, ce sera à vous.
Peut-être.

L'odieux crépuscule.

Je n'ai pas fait attention et il était déjà là. C'est passé trop vite, je n'ai rien pu faire. Je n'ai du reste rien fait. Rien du tout.
La lumière crépusculaire éclaire des arbres sans ombre, les branches flottant dans un vent silencieux. Silencieux mais puissant si l'on en juge par la vitesse des nuages bas et encore discernables. Le ciel ne semble pas encore être prêt à s'écrouler, et pourtant l'air est lourd. Des colonnes d'air pèsent sur mes épaules comme la fainéantise sur mes actes.
Le Moulin-neuf a empli mon verre, deux fois. Les girouettes du jardin tournent plus rapidement que mes pensées, mon neurone unique choquant les parois d'un hémisphère encombré.
L'habit ne fait pas le moine, les habitudes l'homme. Je suis comme vous, fatigué de moi, et de mois. Plus que trois. Autant de mois à professer que de billets à écrire. J'imagine déjà l'instant libérateur où je pourrais écrire que c'est fini.
Je me dis que peut-être un jour ce sera plus que lu, ce sera compris. Par quelqu'un de plus brillant que moi, donc. Il est toujours flatteur qu'un mieux-que-soi arrive à donner sens à nos actes, à nos mots, mieux qu'on ne serait capable de le faire soi-même. Rageant, frustrant, vexant, mais flatteur.
Pas de lumières de phares à passer sur la Pierre-levée. Les hommes sont trop saouls, trop avachis, trop plein d'amour pour rouler.
Je rêve d'un ministère des droits des cons pour enfin être représenté. L'égalité de droits des cons, je trouve qu'on n'y pense pas assez.
Je vais m'arrêter là.

Boudin blanc.

J'ai pas très envie d'écrire, mais j'ai encore moins envie de faire autre chose. Alors je vais écrire.

Paraîtrait que je procrastine. Outre la répugnance que m'inspire ce mot, ce goût merdique qu'il laisse dans la bouche après qu'on l'a prononcé, je ne suis pas tout à fait d'accord ; en ce moment je ne procrastine pas, j'oublie, c'est tout.
Je ne perds pas de temps à décider de décider, à décider de décider de faire, à décider de décider de ne plus attendre de faire, ou plus simplement à décider de décider de décider de dormir. C'est faux. J'oublie juste de décider.
Je crois que mon cerveau s'est tout simplement adapté, au bout de trente ans. Il court-circuite dès qu'une décision est à prendre, dès que le chemin des actions n'est pas rectiligne, sans carrefour. Il positionne automatiquement des œillères de chaque côté de ce visage si joli qu'on le croirait être une oeuvre de Dali, et m'enjoint à ne pas m'enjoindre. Une espèce de fil coupeur d'enjoint.
Alors du coup ça ne rend pas la vie plus facile, mais ça ne la complique pas non plus, ça fait comme si je suivais un tunnel un peu encombré, avec toutes les issues de secours fermées, et un mince espoir d'un jour retrouver la lumière stellaire (parce que oui, n'oubliez pas, le Soleil est une étoile). Un peu comme si j'étais coincé dans l'intestin de Pierre Menés après... après rien, en fait, son intestin est en permanence encombré, au contraire de sa conscience qui elle reste vide. Intestin plein-conscience vide, ça doit faire une contrepèterie ça, je vous laisse chercher.

Hier j'ai appris que Victor Hugo était le seul citoyen français vivant à avoir eu le privilège de recevoir du courrier où le nom de rue indiqué sur la missive était le sien. A monsieur Victor Hugo rue Victor Hugo.
Ce qui ne l'a pas empêché de finir par mourir, comme tout le monde. Pas comme tout le monde par contre il est au Panthéon. Je me demande si on est content d'entrer au Panthéon quand on est mort. Si tu partages l'au-delà avec tes voisins, se retrouver entre intellectuels et grands hommes, ça doit être pesant. Ça doit tourner à la comparaison de quéquette en permanence. "Moi j'ai écrit les Trois Mousquetaires", "Oui mais moi j'ai été prix Nobel de Physique et de Chimie en étant une femme", "Oui mais moi j'ai un nom agraire et pourtant j'ai bouleversé les mathématiques", "(chœur d'une vingtaine de voix) Oui mais moi je suis mort sur une barricade", "Oui mais moi de magnifiques arbres portent mon nom parce que mon bateau allait loin", "Oui mais moi je Braille". Bref on doit pas en sortir.

Enfin plutôt que de penser au surlendemain, mieux vaut penser au jour dui. Ça provoque moins de vagues à l'âme.

Je crois que, ce 6 avril 2014 à 17h27, je ne suis pas encore écrivain. Je sens que ça vient, mais c'est pas encore là. Je crois qu'il faut encore continuer à écrire même quand j'en n'ai pas envie. Je crois qu'il faut continuer à ne pas décider. Je crois qu'un jour j'aurais une rue à mon nom, la rue Trouduquu. Je crois qu'un jour j'entrerai au Panthéon. Pour visiter. Et puis après j'irai boire un verre en terrasse avec des potes. Pourquoi en terrasse ? Parce que terrasser, c'est vaincre, et que vaut bien mieux boire un verre gagnant, que de perdre assoiffé.
Parlez en au chameau.




"C Sarah alors?"

C'est le texto que je reçus hier à 22 h 34 d'un numéro inconnu de mon téléphone. Je ne connais pas de Sarah, je ne vois donc pas pourquoi ce serait-elle. Ni pour quoi d'ailleurs.
Il arrive de recevoir des textos de mauvais numéro, plus régulièrement de recevoir de faux appels. Je ne m'en suis donc guère inquiété, ai fini ma journée en rentrant les notes de mes élèves sur leurs bulletins en ligne (technologie...), puis me suis couché en regardant les exploits de Michael Jordan face aux Golden State Warriors (Youtube...). On parle de basket.
Mes yeux se sont donc fermés au son d'un "What a shot by Michael", et puis j'ai entendu une vibration. Je ne sais pas quelle est l'heure. 2 30, 3 heures je pense. Il est en fait 4. Le rédacteur du texto m'appelle, mais pas suffisamment longtemps pour que je sorte complètement de ma léthargie, et que je puisse me saisir de mon portable. Le temps d'une sonnerie me semble-t-il, encore semi-comateux que je suis.
Je déteste être réveillé dans le silence de la nuit. Je finis immanquablement par entendre mon cœur battre, et par ne plus pouvoir fermer l'oeil par crainte qu'il ne s'affole, ou qu'il ne se calme de manière définitive. C'est stupide, je sais, mais je déteste entendre mon cœur battre. Je crois que je préférerais encore le son de la fraiseuse du dentiste, si elle existe encore. Penser à prendre rendez-vous avec le dentiste.
Donc je suis maintenant complètement réveillé. Mon cœur bat. Je relance une vidéo de Michael, contre les Washington Bullets cette fois. Je pense à ma journée de demain. Enfin d'aujourd'hui, enfin je pense à ce qui m'attend. Je commence à replonger...
Et puis ça revibre. Quatre fois. Mais je suis encore trop peu réactif. Peut-être un message sera-t-il laissé? Queud. Je me rendors, stresse de la route et de mes cours. Je donne mes cours, puis ai trois heures à tuer ce matin.
Je repense aux coups de fil. Un à 4 heures, l'autre à 4 h 25. Peut-être ma collègue covoitureuse de boulot, j'ai l'impression que.... mais non, pas son numéro. L'indicatif non-identifié me parait familier. J'envoie un texto toujours plaisant à recevoir je suppose, "Je ne sais pas qui tu es, tu m'as envoyé un texto mais je ne connais pas de Sarah. Est-ce une erreur de ma part, ou de la tienne ?" Pas de réponse.
Alors je réfléchis. Il est possible de se tromper de numéro, mais trois fois ? En envoyant un texto et en essayant de joindre quelqu'un deux fois en pleine nuit ? Tout cela est bizarre.
Je commence à créer un schéma. Je ne suis de toutes façons pas le bon numéro. Mais je suis dans le répertoire de la personne, sans doute en tête de liste (Alexis, c'est souvent dans les premiers, je parlais à l'époque régulièrement à des poches de téléphones mal verrouillés). Je penche pour une femme, d'abord parce que ça rend le tout plus romanesque, ensuite parce que j'interprète le texto comme un "tu as choisi Sarah alors?" La demoiselle est ensuite désespérée devant l'absence de réponse, et répète l'erreur de composition dans un élan de détresse, en pleine nuit, en pleines larmes, cette fois en appelant. Mais après une sonnerie, elle se ravise.
Elle résiste 25 minutes, puis recommence. Quatre sonneries, puis encore une fois elle raccroche, le souffle cours, se traitant de crétine. Elle pleure, se morfond, passe une nuit blanche.

Je commence alors à deviner qui cela aurait pu être. Je regrette donc de ne pas avoir décroché. Cela n'aurait sans doute rien changé, mais j'aurais été heureux de l'entendre. Je me dis que mon texto a du faire un effet des plus... agréables. Mais tant pis, ça commençait à faire long, j'avais d'autres gens à ajouter dans ma liste de contact. Et je suis, de toutes façons, incroyablement maladroit, puisque gaucher. 

Le plus drôle, dans tout ça, c'est que ce mois-ci, pour le moment, j'ai reçu deux appels.

Les creux, en bas, à gauche.

C'est une crise de foi. Une éclatante, submergeante crise de foi.
On se soigne à coup de guimauve prémâchée, de bonheur formaté, de rêves trop facilement réalisés.
Mais y croit-on encore... Tel un Lautréamont sur son premier chant, je vous inviterais volontiers à ne pas rester en ces lieux. A moins que vous n'ayez la foi chevillée au corps.
"Je ne crois plus en ces institutions." Faut-il être débile, déficient pour un jour espérer quelque chose d'une institution, quelle qu'elle soit? Une institution n'a pas de volonté, de but, de vision, une institution est une machine qui produit. Elle ne génère pas de foi. Elle délivre des produits, des données, des chiffres selon un cérémonial huilé. Une institution n'a pas d'yeux, n'a pas de conscience. Elle ingère, digère, puis recrache.
Parfois influe-t-on de manière minime sur son système digestif, remplaçant l'enzyme A par la B, le tuyau X par l'intestin Z. Mais l'institution reste fidèle à elle-même, elle ne discerne pas, ne cherche pas à le faire.
Elle traite, 1+1 = une part en moins.
"Je suis le fruit d'un système..." Non, tu es le fruit, tout d'abord, d'un certain hasard, qu'on pourrait qualifier de génétique ; tu es également, sans doute, le fruit des mots des tiens, des caresses des tiens, des coups des tiens, de l'abandon des tiens. Et puis tu deviens ton propre fruit, celui de tes choix, aussi minimes soient-ils. Tu n'es pas le fruit du système. Regarde-toi une bonne fois. Une bonne foi. Regarde-toi. Tu as perdu ta candeur juvénile? Retrouve-là. Tu as perdu ta flamme adolescente? Retrouve le carburant qui la faisait brûler. Tu as perdu le goût de vivre? Va te nourrir à la source des autres, de tous ceux qui t'entourent, et qui pour les brimades, les excisions, les émasculation perpétrées par les cohortes de salauds sans visage, t'enverront le sourire qu'ils ont décidé de ne plus quitter. Tu n'es le fruit que de toi-même. Seul, ton fruit se flétrira, digéré par ton système. Nous ne sommes que des vers luisant, produisant un jour dont la puissance est exponentiellement liée au cardinal de nos univers.
"La Raison m'éclaire." Mes couilles. La raison taylorise, la raison coûte marginalement, la raison open spacise, la raison quotate, la raison discrimine, la raison quantifie, la raison ostracise, la raison digère, encore. La raison Malthus. La raison Rand.
Ne te trompe pas, ne te trompe pas de mes mots : réfléchis, oui, recherche, oui, comprends, oui.
Mais ce serait tout? Ce serait vraiment tout?
Je vais te le redire. Déconne, fixe les règles et oublie-les, pour un temps peut-être. Détruis les cellules, produis du chaos, génère du désordre. Pour un temps, seulement. Ou pas. Ne résonne pas dans un cube fade et exhaustif. Distords les lignes, épanouis les espaces, dilate le temps. Combine les noyaux, fonds-les. Explose d'un niveau quantique à l'autre. Laisse-toi le droit de partir en restant. Permets-toi de courir plus lentement que ne marcherait le plus grabataire des gastéropodes. Fanatise sans frénésie, rhétorise sans mot, dialectise sans élève.
Laisse-toi le droit de croire en tout, et surtout en n'importe quoi. Sans Raison.

Que c'est prétentieux tout ça, que c'est pompeux, que c'est pompant. Quel être aussi putridement imbus de lui-même pourrait bien générer cette suite de mots aussi informes qu'indigestes? Ne réalise-t-il pas l'incohérence de ce... discours? Ne comprend-il pas la vacuité de son espace, de l'air qu'il respire. Est-il conscient qu'il n'a aucune utilité? Aucune? Sait-il qu'il est fou?


Oui.

Il le sait.

Cela l'en rend d'autant plus redoutable.