Kurt Russell en Wyatt Earp, Val Kilmer en Doc Holliday, et moi en poivrot.
Il est trop tôt pour aller se coucher, trop tard pour commencer quoi que ce soit. Entre-deux. Comme au basket, quand le ballon quitte la main de l'arbitre, et avant d'avoir touché celle d'un joueur. Entre-deux. Je saute vers la sphère orange. Je la rate, une fois. Mon adversaire aussi. Elle est toujours en ascension. Je retombe sur mes appuis, mon adversaire un dixième de seconde plus tard. La balle monte toujours.
Wyatt Earp trompe sa femme, Doc Holliday crache ses poumons, je bois un rosé. Il est toujours trop tôt pour se caler dans les draps. Il est encore plus tard que tout à l'heure, les copies attendront. La balle monte toujours. Elle devrait retomber, bientôt. Je retente ma chance. Mes phalanges semblent l'atteindre, mes ongles pourraient la griffer. Mais rien. Mon adversaire est encore plus loin du compte. Elle monte toujours.
Kurt Russell prend l'insigne, Val Kilmer prend un verre, je suis à la moitié de la bouteille. Mon lit me jetterait à terre, mes stylos refuseraient de se décapuchonner. La balle va bientôt toucher le plafond de la salle, tous les cous sont tendus, les yeux orientés vers la sphère du désir. Je saute toujours plus haut. Inatteignable. L'adversaire ne compte plus, il est un faire-valoir, simple objet du décor, il est plus bas, beaucoup plus bas. Mais mon résultat est le même que le sien. Je ne touche rien, je ne l'oriente ni vers mon camp, ni vers le sien. Elle monte toujours.
Wyatt Earp tue Ike Clanton. Doc Holliday maltraite ses poumons. Il va être temps de s'allonger. Pouhof. La balle s'écrase mollement contre le plafond. Elle se transforme en crêpe sous l'effet de l'apesanteur. Je saute encore et ne parviens à rien. Le public commence à rire. Mon adversaire aussi. Il me montre du doigt, commence à se tenir les côtes, à être secoué de spasme de frénésie moqueuse. Je ferme les yeux, je commence à planer, je les rouvre, le ballon est maintenant incrusté dans le plafond. Je m'en approche. Le plafond s'ouvre. Le ballon disparaît. Je m'envole. Je ne redescendrai jamais. Un autre prendra ma place, entre-deux, balle qui quitte la main de l'arbitre, Kurt Russell qui lisse sa moustache, Val Kilmer qui surjoue sa pâleur, un autre jour qui se termine, une autre aube qui se prépare, un autre espace à occuper.
Et toujours du rosé.
Il est trop tôt pour aller se coucher, trop tard pour commencer quoi que ce soit. Entre-deux. Comme au basket, quand le ballon quitte la main de l'arbitre, et avant d'avoir touché celle d'un joueur. Entre-deux. Je saute vers la sphère orange. Je la rate, une fois. Mon adversaire aussi. Elle est toujours en ascension. Je retombe sur mes appuis, mon adversaire un dixième de seconde plus tard. La balle monte toujours.
Wyatt Earp trompe sa femme, Doc Holliday crache ses poumons, je bois un rosé. Il est toujours trop tôt pour se caler dans les draps. Il est encore plus tard que tout à l'heure, les copies attendront. La balle monte toujours. Elle devrait retomber, bientôt. Je retente ma chance. Mes phalanges semblent l'atteindre, mes ongles pourraient la griffer. Mais rien. Mon adversaire est encore plus loin du compte. Elle monte toujours.
Kurt Russell prend l'insigne, Val Kilmer prend un verre, je suis à la moitié de la bouteille. Mon lit me jetterait à terre, mes stylos refuseraient de se décapuchonner. La balle va bientôt toucher le plafond de la salle, tous les cous sont tendus, les yeux orientés vers la sphère du désir. Je saute toujours plus haut. Inatteignable. L'adversaire ne compte plus, il est un faire-valoir, simple objet du décor, il est plus bas, beaucoup plus bas. Mais mon résultat est le même que le sien. Je ne touche rien, je ne l'oriente ni vers mon camp, ni vers le sien. Elle monte toujours.
Wyatt Earp tue Ike Clanton. Doc Holliday maltraite ses poumons. Il va être temps de s'allonger. Pouhof. La balle s'écrase mollement contre le plafond. Elle se transforme en crêpe sous l'effet de l'apesanteur. Je saute encore et ne parviens à rien. Le public commence à rire. Mon adversaire aussi. Il me montre du doigt, commence à se tenir les côtes, à être secoué de spasme de frénésie moqueuse. Je ferme les yeux, je commence à planer, je les rouvre, le ballon est maintenant incrusté dans le plafond. Je m'en approche. Le plafond s'ouvre. Le ballon disparaît. Je m'envole. Je ne redescendrai jamais. Un autre prendra ma place, entre-deux, balle qui quitte la main de l'arbitre, Kurt Russell qui lisse sa moustache, Val Kilmer qui surjoue sa pâleur, un autre jour qui se termine, une autre aube qui se prépare, un autre espace à occuper.
Et toujours du rosé.