Le soleil y gèlerait. Le plus chaud des piments mexicains s'y transformerait en vague haricot. Le plus frénétique des frontistes s'y retrouverait métamorphosé en mou du milieu. Bref, la salle des profs semble avoir la capacité à détruire tout élan. Il ne s'y passe rien, jamais rien. Des copies qui se corrigent, des discussions ternes sur les élèves (pour, la plupart du temps, les dézinguer), des banalités à faire pleurer le premier La Palice venu. Des discussions de vieux tenues par des jeunes.
Je ne suis pas ethnologue, et pourtant ça me fascine, c'est incessant. C'est toujours d'un vide sidéral. Toujours. Rien n'en ressort. La couleur dominante est le noir. Je viens de le remarquer. C'est noir. C'est terne. C'est ennuyeux. Je peux d'autant plus observer que je me sens comme invisible. Un vague bonjour, parfois. Des hochements de tête en guise de salut.
Et puis là, tout de suite, LE sujet polémique, le vrai débat d'idée, l'impertinence à son paroxysme : "Qu'est ce que tu vas manger ce soir?" Mais oui, qu'est ce que tu vas manger ce soir. Voilà un bon sujet de parlote, quand on a évacué le temps, les élèves, les copies. On parle de ce qu'on va manger ce soir. Ça provoque une demi-molle, ça fait pétiller l'iris, putain oui, qu'est ce qu'on va manger ce soir.
Je ne veux jamais devenir comme ça. Jamais. Je crois que le jour où, en salle des profs, je parle de ce que je vais manger ce soir, je me jette en suivant sous un bus. Vraiment....
Qu'est ce qu'on va manger ce soir.... Quand la vraie bonne question à poser, c'est qu'est ce qu'on va boire.
Je ne suis pas ethnologue, et pourtant ça me fascine, c'est incessant. C'est toujours d'un vide sidéral. Toujours. Rien n'en ressort. La couleur dominante est le noir. Je viens de le remarquer. C'est noir. C'est terne. C'est ennuyeux. Je peux d'autant plus observer que je me sens comme invisible. Un vague bonjour, parfois. Des hochements de tête en guise de salut.
Et puis là, tout de suite, LE sujet polémique, le vrai débat d'idée, l'impertinence à son paroxysme : "Qu'est ce que tu vas manger ce soir?" Mais oui, qu'est ce que tu vas manger ce soir. Voilà un bon sujet de parlote, quand on a évacué le temps, les élèves, les copies. On parle de ce qu'on va manger ce soir. Ça provoque une demi-molle, ça fait pétiller l'iris, putain oui, qu'est ce qu'on va manger ce soir.
Je ne veux jamais devenir comme ça. Jamais. Je crois que le jour où, en salle des profs, je parle de ce que je vais manger ce soir, je me jette en suivant sous un bus. Vraiment....
Qu'est ce qu'on va manger ce soir.... Quand la vraie bonne question à poser, c'est qu'est ce qu'on va boire.