Bûche.

Il y a quelque chose de cassé. C'est indubitable. Je ne sais pas encore quoi, mais quelque chose est rompu. Tout me semble bien désuet et sans beaucoup de sens. Je n'arrive même pas à sourire. Pourquoi? Encore pour faire semblant que ça va? Que tout marche? Que la vie est belle?
Continuons à faire semblant. Continuons. Continuons.
Pendant ce temps la colère grandit. L'aigreur prend chaque jour de plus en plus de place dans l'estomac. Les zygomatiques n'existent plus.
On escalade, la tête en bas, sans savoir où est le fond, avec un premier de cordée fou. Personne ne tire sur le rappel. Personne ne s'arrête sur un aplomb. Personne ne coupe la corde.
J'ai le couteau en main. J'hésite encore à m'en servir. Bientôt, il sera peut-être trop tard. Je le sens, je le sais. Encore deux mètres et je coupe. Encore un. Je vais le faire, je vais le faire, je vais le faire.
Ou pas.

Et nous continuons à descendre.