Je suis assis sur un banc en bois, massif, au dossier inconfortable. Mes avants bras sont posés sur une barre, mains pendantes. Face à moi, un homme, gros, en robe noire. Il a l'air de celui qui n'a pas d'air. Sur ma gauche, dans l'espace situé entre mon banc et le bureau du gros homme noir, bureau qui me surplombe, déambule un autre homme en noir, plus fluet. Sa ligne a du être taillée par la force de l'exercice.
Cet exercice qu'il réalise en ce moment même devant moi. Il vocifère souvent, me montre parfois du doigt, harangue une douzaine de personnes assises sur la droite de la salle, disposées en deux rangs égaux. Ils n'ont pas de visage.
Le fluet dit que c'est de ma faute, entièrement de ma faute. Tout est de ma faute. Il le répète sur toute une gamme de tons, illustrés par tout une panoplie de gestes éloquents qui ne signifient rien pour moi, mais qui semblent faire grande impression dans la grande salle. Sans pouvoir me retourner, je sens des murmures d'approbation dans mon dos.
Il finit par me regarder sans me voir, conclut par un "c'est de votre faute". Puis s'assoit. Le gros en noir me dit de me lever. "A votre tour."
Je dis que c'est de ma faute. Puis je me rassois dans le fracas et sous les applaudissements de la salle.
Et je me réveille en sueur.
Cet exercice qu'il réalise en ce moment même devant moi. Il vocifère souvent, me montre parfois du doigt, harangue une douzaine de personnes assises sur la droite de la salle, disposées en deux rangs égaux. Ils n'ont pas de visage.
Le fluet dit que c'est de ma faute, entièrement de ma faute. Tout est de ma faute. Il le répète sur toute une gamme de tons, illustrés par tout une panoplie de gestes éloquents qui ne signifient rien pour moi, mais qui semblent faire grande impression dans la grande salle. Sans pouvoir me retourner, je sens des murmures d'approbation dans mon dos.
Il finit par me regarder sans me voir, conclut par un "c'est de votre faute". Puis s'assoit. Le gros en noir me dit de me lever. "A votre tour."
Je dis que c'est de ma faute. Puis je me rassois dans le fracas et sous les applaudissements de la salle.
Et je me réveille en sueur.