Ou acide citrique, ça marche aussi. Écoutant ce soir la diarrhée verbale d'un comédien alors mal employé et pourtant autrement tellement brillant (je parle ici de James Gandolfini, caricatural et exaspérant dans le Dernier Château et brillant, subtil et terrifiant dans les Sopranos) je ne pouvais que me répéter les mots du grand P. Desproges, à savoir que la culture et l'intelligence sont comme les parachutes, soit on en a, soit on s'écrase. Mettre au supplice des acteurs tels que donc le bon James, mais également le camping-carique Robert Bedford et le magnifique (encore que, Et si c'était vrai...), quoiqu'ayant un pseudonyme rappelant une impasse mal éclairée Mark Ruffalo, dans une production sans queue ni tête, c'est quand même un beau gâchis d'argent pour les producteurs, et de temps pour le spectateur. Il aurait mieux valu s'écraser. Dès le départ.
Mais ne nous plaignons pas, si nous avons du temps à perdre, c'est que nous en avons à revendre. J'en mets d'ailleurs parfois en location à mes moments perdus (comme ce soir donc). Certains même le recherchent, ce temps perdu, tellement bien qu'ils en font des chefs d’œuvres que je me déteste souvent de ne pas avoir lu. Ainsi soit-il. Perdre son temps dans un château ("un château, c'est un emplacement, des murs, des tours et un drapeau que tu défends" ne cessera de nous rappeler le personnage ridicule du bon Bébert) plutôt que le gagner à gambader, propulsé à coup de Proust, voilà qui semble paradoxal.
Finalement pas tellement. Râler est un plaisir, critiquer est un réconfort, malsain je vous l'accorde. Mais quand on se donne l'impression de ne pas y arriver, de se heurter quoi qu'il arrive à un mur, ça fait parfois du bien d'en voir d'autres moins adeptes de l'autocritique se le bouffer à pleine vitesse. Le mur. Et puis ça fait du bien d'écouter une chronique de Desproges après, pour se rappeler que derrière un misanthrope compulsif peut se cacher le plus tendre et féroce des humoristes. Faut de l'amour pour écrire comme ça. Faut de l'envie des gens, je vois pas comment ça pouvait être autrement. Faut être plus curieux qu'on ne voudrait bien l'admettre, faut regarder l'autre plus d'une-demi seconde pour réussir à le caricaturer. Pour se moquer de quelqu'un, faut quand même prendre le temps de l'aimer un peu. Pour détester complètement quelqu'un, faut quand même prendre la précaution de l'ignorer complètement.
C'est facile la haine. C'est juste la volonté farouche et inexpugnable de ne jamais, au grand jamais essayer de comprendre. C'est un effort à faire. Effort réalisable par le premier connard étronesque venu, mais quand même. J'ai détesté le Dernier Château. J'ai fait quelque chose. Et puis j'ai bu une bière. Et puis j'ai écrit.
Vous êtes fier de moi non?
J'hésite pour demain. Je commence un nouveau feuilleton ou je continue un des deux que j'ai commencé...? Demain je dois voir There Will Be Blood avec le paternel. Peut-être que je parlerai de ça plutôt, du génie de Daniel Day Lewis. Et du crissement des violons dans la Californie du début du XXe... Regardez-le si ce n'est déjà fait. Vous avez vu, on discute, c'est chouette hein?
Bon appétit.
Mais ne nous plaignons pas, si nous avons du temps à perdre, c'est que nous en avons à revendre. J'en mets d'ailleurs parfois en location à mes moments perdus (comme ce soir donc). Certains même le recherchent, ce temps perdu, tellement bien qu'ils en font des chefs d’œuvres que je me déteste souvent de ne pas avoir lu. Ainsi soit-il. Perdre son temps dans un château ("un château, c'est un emplacement, des murs, des tours et un drapeau que tu défends" ne cessera de nous rappeler le personnage ridicule du bon Bébert) plutôt que le gagner à gambader, propulsé à coup de Proust, voilà qui semble paradoxal.
Finalement pas tellement. Râler est un plaisir, critiquer est un réconfort, malsain je vous l'accorde. Mais quand on se donne l'impression de ne pas y arriver, de se heurter quoi qu'il arrive à un mur, ça fait parfois du bien d'en voir d'autres moins adeptes de l'autocritique se le bouffer à pleine vitesse. Le mur. Et puis ça fait du bien d'écouter une chronique de Desproges après, pour se rappeler que derrière un misanthrope compulsif peut se cacher le plus tendre et féroce des humoristes. Faut de l'amour pour écrire comme ça. Faut de l'envie des gens, je vois pas comment ça pouvait être autrement. Faut être plus curieux qu'on ne voudrait bien l'admettre, faut regarder l'autre plus d'une-demi seconde pour réussir à le caricaturer. Pour se moquer de quelqu'un, faut quand même prendre le temps de l'aimer un peu. Pour détester complètement quelqu'un, faut quand même prendre la précaution de l'ignorer complètement.
C'est facile la haine. C'est juste la volonté farouche et inexpugnable de ne jamais, au grand jamais essayer de comprendre. C'est un effort à faire. Effort réalisable par le premier connard étronesque venu, mais quand même. J'ai détesté le Dernier Château. J'ai fait quelque chose. Et puis j'ai bu une bière. Et puis j'ai écrit.
Vous êtes fier de moi non?
J'hésite pour demain. Je commence un nouveau feuilleton ou je continue un des deux que j'ai commencé...? Demain je dois voir There Will Be Blood avec le paternel. Peut-être que je parlerai de ça plutôt, du génie de Daniel Day Lewis. Et du crissement des violons dans la Californie du début du XXe... Regardez-le si ce n'est déjà fait. Vous avez vu, on discute, c'est chouette hein?
Bon appétit.