Indigestion

Oui, le rythme a un peu baissé en ces lieux. D'aucun y verrait de la fainéantise, une lubie qui doucement s'éteint (une lubie c'est un type de luciole, en moins concret).
Et là lecteur je te dis détrompe-toi, va semer ailleurs ton mauvais esprit, quitte ce terrain où tu ne récolteras ni résignation ni faiblesse. Non, si j'écris moins, c'est que je pense à toi, oui toi. Pris par le rythme quasi-quotidien de ma prose, peut-être n'as tu pas le temps d'intégrer l'ingéniosité des constructions, la subtilité du rythme, la constance de la grammatique, l'étincelance du vocabulaire.
Oui si j'écris moins, c'est parce que ce qui est rare est cher, et ce qui est cher rapporte, et celui qui est pauvre aime quand ça sonne et ça trébuche, et quand ça sonne et ça trébuche ça étouffe le bruit du quotidien morne de nos cités périurbaines mais à la fois campagnardes, qui gardent un charme tout à fait désuet, cédant cependant par certains aspects à la vulgarité froide d'une globalisation déstructurante, sorte de vortex plein de vide et d’aberration. Du coup si tu lis moins, tu lis mieux, tu vois?
Et si j'écris moins, j'écris pas mieux, mais pas plus mal, ne trouves-tu pas? Cela étant dit gambade, regarde-moi depuis ce magnifique 5 août, fais dérouler mes mots, on sait jamais, tu trouveras peut-être à te baffrer, ou à vomir, la purgation buccale n'étant pas forcément la plus inutile des cures.

Ceci étant dit, bonne nuit.