Je flirte avec le vague à l'âme. Je le laisse m'envahir suffisamment pour qu'il me tienne compagnie, je l'écarte quand il menace d'évoluer en dépression. Le jeu est dangereux, la limite ténue. Mais je ne crois pas qu'il vaille mieux être seul que mal accompagné. Alors il chemine à côté de moi, se tient collé à moi comme un chewing-gum à la bouche d'un physionomiste.
Il a souvent le parfum des années où l'on pouvait espérer quelque chose de moi. Cette douce senteur où rien ne semblait pouvoir me priver du Bonheur. Il me rappelle parfois cette période par des odeurs, des paysages, des sourires. Il me peint un paysage de rêve, dont les couleurs finissent par se faner, la lumière par s'estomper, d'où l'écho des rires ne semblent plus jamais pouvoir s'extirper. Puis il me nargue et attend de voir.
Ce soir il a choisi de me rappeler ce qu'est un dimanche soir. Celui de la veille de reprise, celui de la solitude angoissée, celui de la fatigue agacée. Il me laisse regarder les émissions de sport (toujours) en m'en ôtant tout le sel, se moque de mon avachissement et mon énervement devant la médiocrité télévisuelle, me laisse me métamorphoser en français très très moyen.
Il ne m'empêche pas d'écrire, mais aura tout tenté pour le faire. J'ai d'ailleurs failli céder. Il aura presque gagné : je parle de lui.
Il m'a fait boire mon rosé sans plaisir, m'a fait grignoter mon poulet sans me faire ressentir le plaisir de la peau dorée craqueler sous mes molaires, et me laisse dans une chambre obscure, m'assourdissant de ses vérités. Il me connait mieux que quiconque, et m'aime moins qu'un autre. Il est gluant et réconfortant. Il a le mérite d'être là. Moi je n'y suis pas. Je me suis peut-être perdu, je fais en tout cas tout pour me retrouver. C'est assez difficile. Il ne m'aidera pas, en tout cas pas volontairement.
Ça suffira pour ce soir. Vivement demain, que j'ai faim.
Il a souvent le parfum des années où l'on pouvait espérer quelque chose de moi. Cette douce senteur où rien ne semblait pouvoir me priver du Bonheur. Il me rappelle parfois cette période par des odeurs, des paysages, des sourires. Il me peint un paysage de rêve, dont les couleurs finissent par se faner, la lumière par s'estomper, d'où l'écho des rires ne semblent plus jamais pouvoir s'extirper. Puis il me nargue et attend de voir.
Ce soir il a choisi de me rappeler ce qu'est un dimanche soir. Celui de la veille de reprise, celui de la solitude angoissée, celui de la fatigue agacée. Il me laisse regarder les émissions de sport (toujours) en m'en ôtant tout le sel, se moque de mon avachissement et mon énervement devant la médiocrité télévisuelle, me laisse me métamorphoser en français très très moyen.
Il ne m'empêche pas d'écrire, mais aura tout tenté pour le faire. J'ai d'ailleurs failli céder. Il aura presque gagné : je parle de lui.
Il m'a fait boire mon rosé sans plaisir, m'a fait grignoter mon poulet sans me faire ressentir le plaisir de la peau dorée craqueler sous mes molaires, et me laisse dans une chambre obscure, m'assourdissant de ses vérités. Il me connait mieux que quiconque, et m'aime moins qu'un autre. Il est gluant et réconfortant. Il a le mérite d'être là. Moi je n'y suis pas. Je me suis peut-être perdu, je fais en tout cas tout pour me retrouver. C'est assez difficile. Il ne m'aidera pas, en tout cas pas volontairement.
Ça suffira pour ce soir. Vivement demain, que j'ai faim.