Je ne vais pas parler ici de sources journalistiques, cela fait bien trop longtemps que je ne m'en suis abreuvé pour pouvoir correctement en disserter. Je parle dans le cas présent de la source d'eau, qu'elle soit pure ou polluée, qui nous permet de faire les choses. En ce qui me concerne d'écrire.
Attention, on va voyager dans le lieu-commun et le prêt à penser. Ma source, c'est, roulement de tambour...
la vie. Rien de plus rien de moins. Suffit d'être un peu observateur, sans entrer dans le voyeurisme pour trouver dans tout ce qui entoure ma carcasse, voire même dans ce qui la constitue, toutes sortes de choses à narrer. Le truc, c'est qu'en ce moment, ma carcasse, elle ne voit ni ne fait grand chose qui mérite un épanchement stellaire (cherchez-bien, vous verrez, ça existe). Je pourrais vous parler de la plage qui s'est vidée ce samedi, tant à cause des nuages que du retour à la vraie vie pour une majorité de la masse laborieuse. Je pourrais encore vous parler de nager dans la mer, de cette sensation grisante qui fait qu'à chaque coup de bras en direction du large, je sens la masse d'eau grandir sous moi, j'entends le silence plein de vie, j'angoisse de rencontres inopportunes à quelque 200 mètres du sable (téméraire, oui...) je reste fixé sur cette bouée jaune. Mais je n'aime pas retourner sur les sentiers déjà arpentés.
Le problème, c'est que j'ai beau me creuser, il n'y rien à dire. On va donc inventer.
Je me lève ce matin, dix heures. J'effectue mes trente pompes du réveil. Puis j'enfourche le tracteur tondeuse. Je dois rafraîchir la pelouse depuis trois jours, mais je sens qu'aujourd'hui ça va le faire. Je plante la machine contre une racine, déforme le carter, et tord la lame. J'essaie de continuer quelques mètres à tondre : l'herbe n'est plus coupée, elle est carrément arrachée, raclée du sol, des mottes de terres sont expulsées de sous l'engin infernal. J'arrête donc. Je range la machine. Je mange du muesli. Je ne l'aime pas, celui aux fruits, je préfère celui tout chocolat.
Je me lave les dents. Ma canine "suppôt de Dracula" a pris une inquiétante teinte orange. Je frotte un peu plus fort à m'en faire saigner les gencives. L'orange est parti, et j'ai très mal à l'ensemble de la bouche. Mais je suis satisfait. Je pars courir un peu. Je n'avance pas. Je fais trois bornes et je suis cuit. J'exerce mon shoot sur le panier de basket de la cours bitumée. Je prends une douche, chaude. Je mange mon steak et mes patates. Je prends mon vélo et vais à la plage. Je lis, un peu. Je nage, beaucoup. Je me délecte des jolis corps bronzés de fin d'été, pas mal. Je relis, un peu. Alexandre Vialatte est très drôle.
Je suis sec. Je rentre en écoutant le foot via mon téléphone portable. Je regarde le foot une fois arrivé. Paris est une équipe qui gagne sans me procurer aucune sensation. Elle est dans l'air du temps. Je mange une pizza. Je fais mes tentes pompes du soir. Je prends une douche, tiède. Je regarde le foot. Nantes est une équipe qui fait des matchs nul sans aucune émotion. Je me déteste d'aimer à ce point le foot. Je cherche quoi dire dans mon blog. J'écris dans mon blog. Je regarde le basket. J'aime bien le basket, mais c'est un peu répétitif. Je contrôle les offres d'emploi. Je me demande ce que seront les trente prochaines années de ma vie. Je regrette de lui avoir brisé le cœur, je me sens minable. J'espère qu'elle va mieux. Je me couche. Demain sera un autre jour.
C'est mon meilleur billet. Toute ressemblance avec un affamé notoire n'est que le fruit d'un hasard taquin.