Censé s'exprimer sans scories ; c'est ainsi le sacerdoce du scribe. Si ici il cible la syntaxe précise, là il prend soin de ne laisser sourdre nulle source d'incompréhension, nul saucissonnage subversif, serait-il subtil. Savamment il soigne ses signes, ciselant sa prose, assaillant ses subites absences stylistiques de subtiles corrections, concevant patiemment sa galaxie qu'il souhaiterait sans malice. Simple, suave, sensuelle, elle s'articule selon une pensée sans extase, une pensée sans explosion massive, une pensée surprenamment stable.
Il a souvent sacrifié à la passion, aux souvenirs savoureux de succubes vespérales, se laissant glisser vers d'obscures sensations. Ses soirs sont sources d'apparitions spectrales souvent silencieuses, qui savamment distillent de délicieuse souffrances.
Traversant ces sentiers aux fossés abyssaux, assurant son avancée sur le sentiment invincible d'une sérénité saisissable, il résiste à ces tentations hédonistes, cinglant ses sens d'une impassible sérénité.
C'est ainsi qu'il signe ses textes les plus significatifs, dépossédés de toute possession, esprit sans espoir ni ambition. C'est ainsi qu'il s'inscrit dans la tradition des plus simples. C'est ainsi qu'il s'astreint à sa mission la plus sacrée.
C'est ainsi qu'il s'affame, pour mieux se rassasier.