Ça fait pas moins mal au cul sur la selle, mais les jambes tournent de mieux en mieux. Je monterai pas le Tourmalet demain, c'est certain, mais je sens que, jour après jour, j'amène un peu plus de braquet, je développe un peu plus de puissance. Pour un mec qui, il y a encore deux mois, avait du mal à monter les escaliers sur un étage, ça fait plaisir.
Le matériel n'est pas exceptionnel, du vélo de course de 40 ans d'age à la roue arrière voilée au VTC de 15 kilos aux freins pressés comme on lance un défi au destin, en fermant les yeux et serrant les ... fesses. La douleur provient sans doute également de là. Mais ça avance. La Vendée du Marais permet de tels exploits (hyperbole). Elle est plate. Ce n'est pas une métaphore, ni une allégorie, c'est la plus pure réalité. Plate comme une limande. Pas de poitrine généreuse, pas de pectoraux saillants, point de plongée vertigineuse dans des lacets secrets et gogenards. Non, de la ligne droite, désespérément droite, avec pour seule colline un pont franchissant un guet, pour seule montagne les rampes d'accès aux voies rapides, fruits du génie civil moderne.
Donc, en tout cas, du 52-28 en veux-tu en voilà. Je ne dirais pas que j'emmène le braquet comme Carlos mangeait du Nutella, non. Mais les mollets se renforcent, les cuisses s'affermissent, le jarret est saillant, l’œil vif. Le poil soyeux. Tout roule. Cela ne m'empêche pas de craindre à chaque coup de pédale l'arrêt cardiaque soudain, la rupture d'anévrisme traîtresse, l’embolie pulmonaire vacharde. Mais chaque jour passé sur la selle m'y fait de moins en moins penser. Grande victoire.
Hypocondrie, Hypocondrie
Je te maudis
Cesseras-tu un jour
Tel un vil ministre
De promouvoir le pire,
Me faire craindre l'amour?
Saurais-je un jour vivre
Sans craindre la moindre course
Et sprinter, et suer
Sans contrôler mon pouls?
Hypocondrie, Hypocondrie,
Aujourd'hui je te quitte
Avant qu'encore, demain,
mon médecin ne consulte.
Mort de peur, et de soif. Ça tapait sur la route aujourd'hui.
Le matériel n'est pas exceptionnel, du vélo de course de 40 ans d'age à la roue arrière voilée au VTC de 15 kilos aux freins pressés comme on lance un défi au destin, en fermant les yeux et serrant les ... fesses. La douleur provient sans doute également de là. Mais ça avance. La Vendée du Marais permet de tels exploits (hyperbole). Elle est plate. Ce n'est pas une métaphore, ni une allégorie, c'est la plus pure réalité. Plate comme une limande. Pas de poitrine généreuse, pas de pectoraux saillants, point de plongée vertigineuse dans des lacets secrets et gogenards. Non, de la ligne droite, désespérément droite, avec pour seule colline un pont franchissant un guet, pour seule montagne les rampes d'accès aux voies rapides, fruits du génie civil moderne.
Donc, en tout cas, du 52-28 en veux-tu en voilà. Je ne dirais pas que j'emmène le braquet comme Carlos mangeait du Nutella, non. Mais les mollets se renforcent, les cuisses s'affermissent, le jarret est saillant, l’œil vif. Le poil soyeux. Tout roule. Cela ne m'empêche pas de craindre à chaque coup de pédale l'arrêt cardiaque soudain, la rupture d'anévrisme traîtresse, l’embolie pulmonaire vacharde. Mais chaque jour passé sur la selle m'y fait de moins en moins penser. Grande victoire.
Hypocondrie, Hypocondrie
Je te maudis
Cesseras-tu un jour
Tel un vil ministre
De promouvoir le pire,
Me faire craindre l'amour?
Saurais-je un jour vivre
Sans craindre la moindre course
Et sprinter, et suer
Sans contrôler mon pouls?
Hypocondrie, Hypocondrie,
Aujourd'hui je te quitte
Avant qu'encore, demain,
mon médecin ne consulte.
Mort de peur, et de soif. Ça tapait sur la route aujourd'hui.