Les dents du fond qui baignent

Merci aux Monthy Pythons pour ce titre racoleur. J'ai rien de bien particulier à exprimer ce soir, et pas une motivation fantastique non plus. Ça sent la banalité et le neurone fainéant à 100 mètres. Mais on va s'y coller quand même, c'est en collaborant qu'on devient collaborateur (pas de raisons que y'ait que les forgerons qui tirent les marrons du feu (un forgeron tirant les marrons du feu ne serait d'ailleurs pas bien efficace, et vu les températures régnant dans le cœur d'une forge, les marrons ne seraient sans doute que peu comestibles)). Et puis je ne crois pas avoir encore gagné de point Godwin depuis l'ouverture de cette chose à la forme encore bien difficile à définir que, par convention, nous appellerons blog ; comme ça c'est fait.

Le postulat de base, ou de départ, c'est écrire. Avec l'assertion suivante : fournir des "travaux" quotidiens qui, de près ou de loin, traiteraient de la faim et/ou de la soif, que celles-ci soient métaphoriques, réelles, simplement suggérées, voire, aller, on peut se le permettre, tout juste évoquées. Pas dans l'optique d'un projet particulier, ni d'une envie du moment. C'est simplement que le 5 août 2013 à je sais plus quelle heure, ça m'a paru être une bonne idée. Alors je m'y suis mis.

J'aimerais être un mec plein d'idées et d'aphorismes qui font sourire (pour ceux qui font rire aux éclats, prenez la case Desproges, j'ai pas trouvé mieux), mais pour le moment, faut que je les forge. Tiens, ils se sont de nouveau invités, les forgerons. Qui n'existent quasiment plus si je ne m'abuse. Ils ont rejoints les maréchaux ferrant. C'est dommage, c'était chouette comme nom, "maréchal ferrant". Ça pète. C'est comme franc-maçon, mais en plus campagnard et moins portugais. Pourquoi franc-maçon au fait? Franc-architecte ça faisait pas assez humaniste sans doute. Franc-cariste ça aurait été bien aussi. Mais je ne crois pas que les caristes existent à l'époque. Et puis ils n'auraient sans doute pas eu voix au chapitre, sans doute tout juste une voie de garage, et encore...
Moi je crois que si je fondais une société secrète (ou semi-secrète, on sait plus trop ...) voulant le bien de l'humanité (surtout celle qui semble valoir le coup, la bonne humanité; l'autre, bon, si elle peut servir pour que les bons s'en sortent mieux, à la rigueur, pourquoi pas, mais je te les foutrais bien sur un cargo philippin entouré de supertankers) donc mon organisation à moi s'appellerait les humbles-connards. Alors forcément au départ on trouverait ça un peu injurieux, ordurier même. Enfin on... le truc normalement dans une société secrète, c'est qu'elle est secrète, donc que personnes d'autres que les membres ne sont au courant. Et encore, mes membres à moi seraient souvent pintés, donc incapables quinze heures sur douze de se souvenir de leurs prénoms. Ça s'appellerait gigondas-moulin à vent que ce serait pareil pour eux.
Enfin ce serait un chouette endroit, où si t'as pas envie de réfléchir à comment rendre le monde meilleur, tu pourrais par exemple te faire une petite partie de basket. Ou même mieux, une bouteille, le truc qu'on faisait étant jeune, ou tu exerces ton adresse au basket en tirant de chaque endroit marqué de la raquette (j'ai conscience que pour les non-initiés de la bouteille, cette explication restera plus qu’absconse, mais en même temps, à moi, elle me convient, donc bah, vous aviez qu'à y avoir joué, à la bouteille). J'ai conscience qu'autoriser la bouteille ne rendra pas plus efficace le travail des éthyles...
Je disais quoi déjà... Oui donc on ferait la bouteille, du saute-mouton aussi, pourquoi pas, même si c'est trop intellectuel à mon goût, et puis si quelqu'un ne réussit pas à se faire son hachis-parmentier pendant les cessions du midi, et bien qu'à cela ne tienne ! il aura le droit de commander une pizza, on n'est pas des sauvages quand même. Bon, par contre, il la paiera avec son propre chéquier, si on prend le chéquier de la société secrète pour le moindre achat de pizza... Non pour pouvoir tirer dans la caisse noire (secrète elle-aussi), faudra au moins justifier d'une dépense somptuaire. À moins d'un jet, ou mieux, d'un tour de space-mountain, tu tires pas sur le CSSHC (le chéquier de la société secrète des humbles connards).

Oui parce qu'on aura tout un tas d'acronymes pour dire tout et n'importe quoi, afin d'être en phase avec le monde. Bien à fond dans la conjoncture quoi. On cherchera aussi à s'organiser pyramidalement, avec le moins de logique possible. On commencera par faire une cession d'IPSM (idées pour sauver le monde) où chacun émettra son idée, et où à l'aide d'un suffrage à paupière gauche levée (la droite nécessitant beaucoup trop d'efforts) on votera pour celle qui semble la meilleure (l'idée, pas la paupière, bande de cancres), et ainsi de suite jusqu'à ce qu'on identifie la pire. Le malencontreux auteur de cette dernière sera par conséquent élu CSPAAV (chef suprême pour l'année à venir) et aura ainsi le pouvoir exécutif : il pourra choisir le fromage. Le judiciaire et le législatif (respectivement choix des couleurs des tentures et définition de critères objectifs afin de décider enfin et pour de bon qui de John Cena ou du Rock a.k.a.K.K.K. Dwayne Johnson est le meilleur) reviendront aux assesseurs, et enfin le droit de renverser ce gouvernement fantoche appartiendra à tout un chacun, à la seule condition non négociable qu'il apprécie le jerk.

Une espèce de dictature idéale, les humbles-connards. "Aujourd'hui, on a toujours le droit, d'être puissant, d'être un crétin." Franchement, ça enverrait grave du pâté en croûte. Même du cervelas je crois bien.


Bon allusion à la bouffe maintes fois faite, itération éthylique également réalisée, je crois que je peux aller me coucher.

On se voit demain. (Je suis encore en recherche d'une signature simple et efficace qui fera se dire à mes deux lecteurs quotidiens (moi le soir après l'écriture, moi le matin pour corriger les fôtes) "ha mais putain oui, c'est vrai c'est lui". Oui parce que parfois je commence la relecture en oubliant que c'est moi l'effronté tocard qui produit. Si la vieillesse est un naufrage, la puberté est le premier récif contre la coque. Bof. Je vous dis, les aphorismes, c'est pas encore ça...)